Pourquoi est-il urgent de changer de regard sur l’enfant ? Article qui secoue le cocotier !
Dans cet article, je vais vous révéler ce que je vois quand un parent vient me consulter pour un « problème » avec son enfant. Je vous livre ici mon point de vue de consultante en parentalité certifiée et formée aux fonctionnements de l’enfant et de la parentalité. Mais aussi ma vision de maman consciente qui a expérimenté les outils que je propose.
Constat de consultante en parentalité
Cela fait 7 ans que je suis consultante en parentalité. J’accompagne les parents, les mamans en particulier.
J'ai rencontré toutes sortes de familles, de situations.
En arrivant dans mon cabinet ou dans la yourte, 9 parents sur 10 pensent que le problème pour lequel ils viennent en séance/en atelier, vient de leur enfant : « Elle a un problème de sommeil », «Il a un problème avec la nourriture », « Elle ne respecte pas l’autorité », « Il est trop agité en classe », « Elle fait des caprices » etc.
- 8 parents sur 10 repartent en ayant pris conscience :
- Que leur enfant ne fait pas exprès pour les tester ou les manipuler. Que son comportement est un signal, un appel pour combler ses besoins fondamentaux.
- Qu’ils ne connaissaient pas les outils que nous abordons en séance ou qu’ils ont découvert une autre manière de les utiliser et d’accompagner leur enfant.
- Qu’ils leur manquaient des connaissances sur le développement des enfants et leur fonctionnement.
- Que leur propre histoire d’enfant influence leur façon d’être parent.
- 1 parent sur 10 est déjà conscient de tout cela, et vient chercher un soutien pour poursuivre son chemin de parent Jardinier.
- 1 parent sur 10 ne poursuit pas l’aventure ou n’adhère pas à mon accompagnement. C'est trop difficile pour eux, pour le moment, de remettre en question des années voire des siècles de domination adulte et de blessures infligées aux enfants… pour leur bien.
Ce que je vois avec mes lunettes de consultante en parentalité et de maman Jardinière :
1- Des parents qui font de leur mieux, qui ont besoin de soutien et d’accompagnement :
D’un côté, je vois des parents qui se sentent fatigués, épuisés, impatients, agacés voire excédés. Impuissants, tiraillés, abattus, angoissés, démunis… Je vois des parents qui ont besoin de repos, de paix, de ressourcement, d’intimité, de partage, de respect, de connexion, de clarté, de reconnaissance…
J’entends aussi des mamans, des papas, qui souhaitent corriger ce qu’ils pensent être des défauts, caprices ou manipulations de leur enfant. Ils utilisent des stratégies, des méthodes pour l’obliger à se plier à ce qu’ils souhaitent. Pour la bienséance, leur tranquillité ou la satisfaction de leurs propres besoins.
Je vois des parents qui essaient d’accompagner leur enfant au mieux avec ce qu’ils savent et ce qu’ils ont eux même reçu comme éducation. Ils sont bienveillants, car ils veulent le meilleur pour leur enfant. Ils veulent qu’il apprenne, qu’il comprenne, qu’il grandisse et sache vivre en société.
Je vois des mamans qui se sentent seules, débordées et qui essayent de trouver des solutions.
Ces solutions sont souvent comme des pansements sur une plaie non nettoyée, un couvercle sur la casserole de lait qui déborde…
En séance d’accompagnement parental, nous apprenons à nettoyer la plaie, à éteindre le feu sous la casserole… Nous allons chercher la source du problème pour comprendre et trouver des solutions qui respectent les besoins de tous, enfants et parents, pour renforcer la confiance, les liens, le bien-être de toute la famille.
Derrière ces « solutions pansements », ce désir de faire changer l’enfant, je vois aussi des siècles de conditionnement, d’obéissance, d’adultisme, de coercition, de peur.
Le bâton ou la carotte comme levier d’éducation.
Je vois la négation de nos propres besoins et émotions d’enfant…Je vois l’héritage de cette vision de l’enfant qui serait comme un bâton tordu à redresser. Un morceau d’argile à façonner coûte que coûte pour rentrer dans le moule de ce que les adultes pensent bien, pour eux et pour la société.
Le conditionnement, l’obéissance, la punition, les menaces, les récompenses… ça fonctionne un temps, en surface. A l’adolescence, nos petits deviennent grands.
Pour les plus expressifs, les “rebelles”, il disent « stop ». Pour les autres, les enfants « sages »… ils gardent le silence et leurs blessures au fond du cœur.
Oui, ils n’en sont pas morts. Mais ils n’en sont pas moins blessés ? Ceux qui en sont morts ne peuvent plus témoigner d’ailleurs…
Combien d’adultes éduqués à l’obéissance, dans le déni de leurs besoins et émotions ne savent pas dire non, manquent de confiance en eux, font des cauchemars, ont besoin de « remontants» : alcool, cigarettes, somnifères, anxiolytiques, sucre… addictions bonjour !
Combien ont leur corps qui parle, crie parfois : douleurs, maladies, troubles du sommeil, dépendance affective :
« Je n’arrive pas à dormir seule », « Ma femme c’est mon pilier, sans elle je ne suis rien »…
Et puis il y a ceux qui ont tellement souffert qu’ils font souffrir à leur tour : menaces, mensonges, agressions, harcèlement…
Toutes les personnes dans ces situations, qui ont fait un chemin d’introspection, ont réalisé qu’on avait nié en grande partie leurs besoins et émotions quand elles étaient enfants.
Elles ont pleuré seules, elles ont dormi seules, elles ont eu peur seules. On leur a dit : « Arrête ton cinéma, tes caprices », « Arrête de pleurer », « Mais non c’est rien », « Mais non ça fait pas peur ! » “Tu es un grand maintenant, il faut dormir tout seul », « Finis ton assiette sinon pas de jeux », « Tu vas obéir maintenant, c’est moi qui décide » …
Tant de besoins non comblés, d’émotions refoulées, de stress engendré.
Je vous propose de prendre mes lunettes de Jardinière de mamans et de maman Jardinière et de voir l’enfant tel qu’il est vraiment : une graine qui contient un potentiel infini.
Nous, nous sommes des parents jardiniers dont le rôle est d’observer, d'écouter, d’accueillir et de répondre aux besoins de cette petite plante en devenir. Mais attention ! Répondre ne veut pas dire laisser tout faire et dire oui à tout. Une maman Jardinière sait mettre des tuteurs quand cela est nécessaire, elle anticipe les tempêtes et pose des limites pour la sécurité et le respect de tous.
2- Des enfants qui essaient, inconsciemment, de réveiller leurs parents.
D’un autre côté, je vois des enfants. Je vois des comportements qui sont des appels. Des signaux rouges sur le tableau de bord de la voiture, des cris pour se faire entendre, comprendre, pour vivre et grandir. Pas de tests ou de manipulation mais une demande d’écoute, d’attention, d’accueil inconditionnel, de connexion.
Je vois un petit cerveau plein de capacité et d’éveil et en même temps en plein développement, immature, incapable de raisonner et encore moins de manipuler puisque ses réseaux neuronaux sont encore en construction.
Je vois un petit être qui doit absolument créer un lien avec ses parents pour être en sécurité. C’est un besoin primaire, vital, physiologique, archaïque. Nous l’avons en commun avec les mammifères.
Cette petite pousse doit créer un lien d’attachement pour survivre, quitte à nier ses besoins, à se plier aux exigences et aux vouloirs de ses parents protecteurs. Coûte que coûte, même si l’attachement est insécure, même s’il subit des violences verbales ou physiques. Il doit se connecter à ses parents.
Alors il subit. Parfois il essaye de poser son libre arbitre, de s’affirmer pour faire entendre ses besoins. Il fera des crises, des régressions… Ou à force de ne pas être entendu, il finira par se taire et deviendra un enfant "sage" qui rentre dans le moule, pour satisfaire Papa et Maman, pour être aimé et en sécurité.
Mais à l’intérieur c’est cassé…
Le prix d’un enfant sage…
Je vois aussi un mécanisme encore peu connu des parents, la capacité du cerveau à oublier ce qui nous fait souffrir. C’est ce qu’on appelle la mémoire traumatique.
Je suis un enfant. J’ai un besoin, je l’exprime. Personne n’y répond. Je souffre. Une émotion arrive pour me réparer, on me dit : « arrête tes caprices ». J’arrête de pleurer et je garde la blessure. Quand c’est trop souvent ou trop fort, mon cerveau vient à mon secours pour ne pas que je souffre… Il disjoncte. Je me fige et le souvenir de la situation est envoyé dans l’amygdale cérébrale, siège de la mémoire traumatique. Je ne me souviens plus consciemment d’avoir souffert.
C’est pour cela que 80% des français disent : « j’ai reçu des fessées, des claques, des punitions… et je vais très bien ! » Pourtant comme nous l’avons vu plus haut, le corps lui se souvient…
Je suis un enfant de 2, 3, 4 ans et je me tais, je deviens sage pour faire plaisir à Maman et Papa, pour qu’ils m’aiment. Je ne pleure plus, je ne fais plus de colère, j’écoute en classe, je dors toute seule, je finis mon assiette… Et je continue à vivre et à fonctionner comme ils le souhaitent parce-que j’ai peur, parce-que j’ai besoin d’eux, parce-que je les aime.
De la bienveillance à la bientraitance
Accompagner un enfant est un défi ! Et en même temps, nous avons à notre disposition aujourd’hui, beaucoup de connaissances nécessaires pour éduquer dans la bientraitance.
Des centaines d’études réalisées dans le monde (encore peu connues des parents en France) sur les neurosciences affectives et sociales, les mécanismes des émotions, des besoins. Ou encore sur la psychologie et le développement de l’enfant.
Être parent est une mission exigeante, fatigante et en même temps, tellement gratifiante.
Cette tâche demande de sortir des croyances erronées sur l’enfant, des idées reçues et du culte de la méfiance. Elle demande de s’informer sur ces connaissances et outils de parentalité consciente. Et elle demande d’effectuer un chemin vers notre propre enfance et nos blessures.
Ces blessures, ces boutons rouges, nos enfants appuient dessus, tout à fait inconsciemment, lorsqu’ils ont des comportements inappropriés à nos attentes.
Mais nos attentes sont-elles en lien avec leurs capacités, leur développement ? Ou sont-elles héritées de nos conditionnements et de notre vision de l’éducation empreint du filtre de la méfiance*?
Il existe une 3e voie entre autoritarisme et laxisme. Une voie non seulement bienveillante mais aussi bientraitante. Car tous les parents veulent le meilleur pour leur enfant, tous les parents veulent « bien veiller » sur leur petits, mais sommes nous toujours bientraitants pour autant ?
« Je te punis, c’est pour ton bien. Qui aime bien, chatie bien », « Je te donne une fessée pour que tu comprennes", "Je te bats, c’est pour ton bien…. »
Il n’y a pas de petite violence, de petites claques, de petites menaces, de petites humiliations. Elles sont le lit de violences et de blessures plus grandes qui secouent les familles et notre société : non-dits, tabous, conflits etc.
Je vois des enfants qui ont besoin de notre protection.
Je vois des parents, des adultes à accompagner pour les aider à ouvrir les yeux sur leurs responsabilités et les conséquences de leurs actes et de leurs paroles. Pour le bien-être à long terme de leurs enfants et celui de la société. Car les enfants d’aujourd’hui seront les adultes de demain.
Conclusion
A la lumière de cet article, je vous propose de changer de regard sur l’enfant et sur votre propre enfance pour trouver le chemin du lien profond, de la connexion, de la paix, de la confiance et de l'amour inconditionnel. Pour soi et pour eux.
Pas à pas, avec l’accompagnement d’une consultante en parentalité certifiée et formée, les parents apprennent à réagir en fonction des besoins et du développement de leur enfant et non en fonction de ce qu’ils attendent de lui, tout en respectant leurs valeurs profondes.
Les enfants n’ont pas besoin de parents parfaits. Ils ont besoin de parents conscients.
Alors la première question à se poser c’est :
Est-ce que je souhaite éduquer mon enfant à obéir, le conditionner au risque de nier ou d’abîmer son libre arbitre, sa confiance en lui et son consentement ?
Ou est-ce que je souhaite accompagner mon enfant avec bientraitance ? Avec respect de son développement, de ses besoins, de ses émotions et de son fonctionnement, afin qu’il devienne un être et un futur adulte épanoui, autonome, responsable, confiant et bien dans ses baskets ?...
Je crois que j’ai la réponse… ;-)
*Cf. Marion CUERQ





